Accueil Date de création : 06/05/08 Dernière mise à jour : 16/03/10 20:12 / 1796 articles publiés
 

" JOUR DE PLUIE ... ET DES LARMES DE NUAGES"  (MES TEXTES) posté le vendredi 12 mars 2010 09:53

Des larmes de nuages glissent sur les carreaux, levée à peine, dans les mains  une tasse de café chaud.
Je colle mon nez à la fenêtre, d’un côté des gouttes glissent sous mon nez, sous mon regard, j’en louche presque à suivre les gouttes, mais j’aime ces reflets et ces traces filtrés par la buée de mon côté, la chaleur de mon café part en fumée…
j’y colle le bout du nez : une trace… des souvenirs me reviennent, combien d’enfants n’auront jamais pu résister à cet appel du gribouillage qui finira par dégouliner… et sécher ?
Je me souviens des jolis cœurs dessinés, des bonshommes aux cheveux tirés comme les soleils… je souris en regardant mon p’tit reflet tourbillonner au fond de mon café…
Je relève la tête, le ciel est sombre, il pleut des cordes… et au lieu de penser à ce que je devrais faire, j’imagine tout ce que je ne pourrais pas faire… ne rien faire, rester à rêvasser à quelques souvenirs qui reviendraient au bord de ma tasse à café et des fenêtres déjà trempées…
 
J’y suis arrivée, j’ai trouvé la tenue pour sortir, chipée à l’aveuglette dans mon armoire. Rien ne sera pire que ma trombine sous la pluie… qui prendra le temps de voir ?
 
Les gens cavalent sous leur parapluie, j’ai l’air idiote, je n’ai rien pris, mais ça m’amuse de  voir au loin les parapluies faire leur danse des pieds qui gigotent.
Une drôle d’image apparait, une drôle d’idée, et si les jours de pluie était le jour des parapluies à deux pattes ? Bienvenue dans mes délires ! Si on m’écoutait penser nul doute que je serais certainement déjà internée ! Mais je m’amuse avec mes drôles d’idées et je guette maintenant les parapluies qui passent ! Chacun son style, chacun ses traces sur la toile, je me dis finalement c’est comme cette idée que les chiens ressembleraient à leur maître… bé ce n’est pas si faux pour les pépins d’pluie ! Branché, original, sorti d’un vieux grenier, pépin pratique et facile à ranger, pépin  imposant à crever le regard, pépin fastoche à tenir, pépin à retenir, pépin capricieux qui n’en fait qu’à ses branches, pépin malin transparent  pour tout voir, pépin de marque… il y en a dans tous les styles...  et moi rien ! Quel pépin suis-je ?
 
"qui prendra le temps de voir ?" c'est la question que je m'étais posée avant de partir et qui allait trouver sa réponse !
J’arrive finalement à mon point B déposer quelques papiers. A l’entrée un couple me regarde, je me vois dans le reflet de la porte automatique qui va s’ouvrir… je dégouline comme un pépin d’pluie !
C’est à croire que j’ai voulu prendre rien que pour moi toutes les gouttes que j’aurai croisées, « me regardez pas comme ça ! C’est pas ma faute c’est elles qui se sont jetées sur moi ! » .  
Je me rassurais, arrivais à m’en débarrasser, au sol une trainée d’eau me suivait, décidément, l’eau m’en veut aujourd’hui ou m’adore ! j’ai bien vu quelques regards qui me suggéraient de me jeter à l’entrée dans le seau à pépins … j’ai hésité, j’ai regardé… j’avais pas trop envie en fait, je leur ai souri.
 
J’ai cru que j’avais rétrécie sous la flotte, j’avais jamais vu un comptoir d’accueil aussi haut !
Un homme derrière s’adressa alors à mes deux yeux qui dépassaient tout  juste « Madame ? ».
Je lui expliquais que je venais déposer quelques papiers. En fait, ça a duré quelques bonnes minutes pour lui expliquer que cela, il faut dire que j’avais les cheveux trempés, que ça gouttait  comme si j’étais une gouttière un jour de pluie à moi toute seule, que je voyais rien, que j’arrêtais pas de m’essuyer avec mes mains ou mes manches plus trempées que moi encore… et là, une pensée soudaine qui a totalement transformé mon visage en horreur : mes papiers !
Sous mon bras… oui  sous mon bras, heureusement rangés dans une chemise… cartonnée ?!... ouïe !
Je continuais à déblatérer un blabla sans nom à monsieur accueil pour le distraire mais rien à faire, il ne lâchait pas mes papiers trempés des yeux… . Je lui tend donc des papiers « humides » mais lisibles, pour dire vrai je n’ai pas osé lui proposer de les poser quelques minutes sur le radiateur là juste derrière lui… il a pris mon tas de paperasse du bout des doigts, un air catastrophé… j’étais franchement gênée, il me regardait d’un drôle d’air à me dire «  ils sont pas en meilleur état que vous ! » , je lui ai encore souri :  « heureusement qu’il pleut ! Autrement personne n’aurait  voulu croire que je me suis pris un seau d’eau dans la figure ! ». Il désigna un rang de banc en me demandant de patienter. J’ai filé illico m’asseoir, il ne donnait pas l'impression d'avoir envie de rire. La pluie délave les sourires !
 
Un bouquin sur une petite table, des revues et une sorte de petit magazine fait maison… « té ! Le magazine ! ».
Une sorte de petit mémo réaction d’une jeune femme… je lisais.
Le sujet traitait d’un cas particulier dans la société, d’une personne  en difficulté. Son cas était précisément décrit et on voyait qu’elles étaient les aides et le fonctionnement du système pour qu’elle puisse s’en sortir aujourd’hui dans notre société.
On comprenait en lisant que le système ne vous aide que si vous n’avez absolument rien, il vous faut avoir le nez  au fond et vraiment pour que des mesures minimums soient mises en place.  
 
J’ai été particulièrement touchée par cette histoire dingue. Révoltée de voir et de réaliser comment fonctionnait le système dans ce cas et des maigres chances qu’il y avait en face pour aider ces gens.
 
Mon RDV est passé très vite… tant mieux ! Cet article ne m’a pas lâchée.
Une multitude de questions se sont enchainées : combien de cas y ‘a t’il ? combien de situations précaires ? Quelles sont vraiment les aides et pour quoi ? Que doivent vivre certaines personnes durant ces instances et ces délais où les dossiers sont validés, pris en compte ?
C’est quoi ce monde ? c’est quoi cette humanité ?
 
Je me fichais royalement de retourner sous la pluie, je ne sais pas si j’y pensais vraiment. Je n’avais plus de papiers à protéger de toute façon !
Je ne sais pas si c'est le temps ou moi qui était bizarre … il y avait une sorte de flottement étrange … je vis dans ce monde…
Les bruits et les odeurs n’étaient plus les mêmes, comme si l’atmosphère avait changé, ma vision peut-être, mes états d’âmes influeraient sur mes perceptions !
Les pépins à deux pattes ne me faisaient plus rire, je me demandais maintenant quelle vie cherchait à se protéger… toi qui es-tu ? et toi que vis-tu ?
J’écoutais tous ces bruits dans mes pensées, l’écho des flaques déchirées sous les roulements des voitures…
Il y avait comme un nuage dans ma tête, comme un orage qui s’annonçait plus fort encore, j’avais envie de m’asseoir sous cette pluie pour qu’elle me raconte encore cet endroit « ici et maintenant », comme assommée par des images imaginée de cette société.
Étrange endroit, comme ce moment, où l’on se demande où l’on est vraiment… on ne sait plus ce qu’on fait là et quel but il y a à donner à notre présence là… on se regarde, comme si notre esprit sortait de notre tête, on le regarde se placer au-dessus de nous, tout en haut, d’où surgissent les gouttes de pluie… c’est étrange ce couloir que je vois et ce miroir où je me vois en bas, la tête penchée en arrière … je pourrais les boire… j’aurais voulu sortir ma langue pour les avaler… ou bien me faire aspirer...
 
Je sentais mes vêtements mouillés… je sentais que j’avais froid…  il y avait du vent aussi, je frissonnais.
 
Je suis repartie à ma voiture… à l’abri ? C’est étrange d’avoir froid et chaud juste après… c’est rassurant, mais mon nuage dans ma tête est toujours là… il y avait comme cette crispation dans ma poitrine, cette peur de l’éclair qui pourrait tout déchirer…  je sentais l'orage gronder en moi et faire ses nuages de peine.
 
J’allumais une clope que je m’écoutais fumer… je soupirais… je regardais le monde fonctionner à l’abri dans ma voituremobile.
 
J’ai aimé cet instant… si proche de la vie… de cette perception trempée par les larmes des nuages. C’est le jour des nuages qui pleurent, le monde peut-être… où se cache leur cœur et leur âme ?
Je regardais ce ciel, je cherchais une vraie réponse que jamais je n’aurais…  je le savais.
 
En rentrant, j’ai retrouvée ma tenue décontractée … des chaussettes et mon café… une cigarette dans un siège pour croiser mes petons en avant, suspendus au-dessus de rien… ils pointaient au-devant de la fenêtre ce ciel de temps de pluie…
 
J’ai regardé, j’ai cherché, j’ai rêvassé… aussi triste que ces boules de coton flottantes qui filaient leur peine au-dessus de ce monde…
 
J’ai rêvé qu’il fallait être à quelques étages pour s'en rapprocher, j'ai rêvé qu'il suffisait de tendre le pied pour arriver à les toucher du bout de l’orteil à peine …
K.Roll 2010
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K by K série "DIGITALE EXPRESSION"  (K.ROLL by K.ROLL (Autoportraits)) posté le jeudi 11 mars 2010 18:34

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K BY K 2 "A quoi Penses-tu ?"  (K.ROLL by K.ROLL (Autoportraits)) posté le jeudi 11 mars 2010 18:33

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K by K "A QUOI PENSES-TU ?"  (K.ROLL by K.ROLL (Autoportraits)) posté le jeudi 11 mars 2010 18:27

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DIGITALE EXPRESSION 2  (K.ROLL by K.ROLL (Autoportraits)) posté le jeudi 11 mars 2010 07:06

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